Au cœur de la vallée du Lot

Cahors est une appellation unique au monde !

Créée en 1971, l’AOC Cahors est réservée exclusivement aux vins rouges élaborés à partir de Malbec. Deux cépages accessoires sont autorisés par le cahier des charges de l’appellation : le Tannat et le Merlot, mais le Malbec doit représenter au moins 70 % de l’assemblage.

Le vignoble se distingue de ses homologues du Sud-Ouest par son cépage emblématique, dont il est le berceau : le Malbec. Autre particularité du vignoble, sa grande diversité de terroirs permettant à ses vignerons d’offrir des malbec « originaux ». Mais plus encore, ce sont les vignerons de Cahors : des hommes et des femmes portant haut les valeurs du Sud-Ouest, qui en font la singularité.

En quelques chiffres

21.700 hectares
répartis sur

45 communes du Lot

 

En 2020, la surface plantée sur l’aire AOC est de 3323 hectares pour une aire AOC définie de 21.700 hectares répartis sur 45 communes du Lot.

Les trois quarts des producteurs sont des caves particulières, pour un quart de coopérateurs et adhérents à l’unique cave coopérative de l’appellation : les Côtes d’Olt, basée à Parnac, aujourd’hui intégrée au Groupe Vinovalie.

 

20 millions de bouteilles

En moyenne, c’est jusqu’à 20 millions de bouteilles qui peuvent être produites par an selon les millésimes. Majoritairement commercialisés en France, les vins de Cahors ont connu un véritable boom des exportations, principalement vers le Canada, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine et la Belgique.

Histoire

Cahors Berceau du Malbec

Au 16ème siècle, le juriste et professeur à l’université de Cahors, François Roaldès, publie « Le discours sur la vigne », un des rares traités viticoles de cette époque. Cet ouvrage atteste de la présence de l’Auxerrois dans le vignoble de Cahors depuis au moins 600 ans. Or, ces dernières années, la génétique démontre que le dit Auxerrois est le cépage Malbec d’aujourd’hui.

Quant au terme Malbec, il trouve son origine au 18ème siècle dans le patronyme d’un propriétaire d’exploitation viticole du Médoc, Monsieur Malbeck, lequel diffusa ce cépage en lui donnant son nom de famille.

L’église, le pouvoir et le vin : Saint Didier, évêque de Cahors (580-655)

Né vers 580, Saint-Didier, évêque de Cahors, est issu d’une famille de très haute et puissante origine. Sa vie nous est connue par un ensemble de sources assez exceptionnel pour l’époque,  composé d’une correspondance (une trentaines de lettres), d’une partie de son testament, et d’un récit de sa vie écrit par un moine de Saint-Géry dans le siècle qui a suivi sa mort en 655. Le vin est au cœur de plusieurs épisodes, qui témoignent chacun à leur façon de l’existence d’un grand vignoble commercial en Quercy, autour de la cité épiscopale de Cahors.

Didier de Cahors, comme de nombreux évêques mérovingiens, a joué un rôle majeur dans le développement du vignoble à la fois pour des raisons liturgiques (le vin de messe), sociales (devoir d’hospitalité : vins de réception, d’honneurs) et économiques (vins vendus sur le marché local ou distant).

Un roi de France qui aime les vins de Cahors (XVIème siècle)

Natif de Cognac, François Ier succède à son cousin Louis XII sur le trône de France en 1515. On le sait grâce à l’administration royale : François Ier apprécie le ou les vins de Cahors. Des sommeliers d’échansonnerie sont en effet envoyés à Cahors pour acheter du vin. Au-delà de ce goût avéré, François Ier a changé le destin du cépage emblématique de Cahors à deux reprises.

Tout d’abord en faisant venir en juin 1531 des plants du vignoble cadurcien pour être cultivés près de son château de Fontainebleau. Le roi cherchait alors à créer un vignoble de tous les vignobles, à même de produire son propre vin tout en honorant et centralisant la variété viticole de son royaume et de l’étranger. Cette mise en valeur, comme dans une vitrine, débouche rapidement sur la diffusion des cépages conservés. L’un de ces cépages en particulier connaît une large diffusion. Il s’agit du samoreau ou samoireau, qui n’est autre que le caux, cor, ou cot de Touraine ou l’auxerrois quercynois, futur malbec.

Puis, en faisant du français la langue officielle du royaume (édits de Villers-Cotterêts, 1539), François Ier entraîne l’invention du mot “auxerrois” pour désigner ce cépage. On peut ainsi dire que c’est François Ier qui a, le premier, donné sa visibilité au cépage dans les écrits.

Victoire contre le phylloxera

D’abord considéré comme une maladie qui pouvait “passer” ou bien qui ne toucherait que quelques-uns, le phylloxera a frappé et détruit la quasi-totalité du vignoble français.

En France, le phylloxera est détecté pour la première fois en dans le Gard en 1863. Il est arrivé en Europe à la suite de l’introduction de plants de vignes américaines importées pour l’étude et l’agrément. Tandis que les maladies de la vigne connues jusqu’alors ne faisaient qu’ amoindrir temporairement la récolte, la vigne touchée par le phylloxera meurt dans les trois ans.

Le fléau fait son apparition dans le vignoble cadurcien en 1876, sans doute poussé par les vents d’ouest depuis le Bordelais où le mal est apparu en 1869. Choc d’une violence inédite, il frappe d’autant plus fort la région qu’elle s’est presque intégralement convertie à la viticulture à la faveur des trois décennies antérieures. Faute de pouvoir soigner il faut remplacer… car face au progrès du mal, les remèdes échouent les uns après les autres. Alors on arrache et on replante. Mais là encore, c’est l’échec : les replantations à l’identique se soldent par la mort rapide des jeunes plants. En désespoir de cause, il faut se résoudre à abandonner ce qui existait.

La solution miraculeuse fut le greffage : sur un pied américain qui résiste bien au phylloxéra, on greffe un cépage de vitis vinifera. Les grappes de ce greffon donnent un vin dont la qualité est comparable à celle de la vigne européenne “franche de pied”.

Cahors fait partie de ceux qui surent préserver, nous pourrions presque dire “ de justesse” la continuité qui mènera au renouveau du Malbec.

La reconnaissance de la qualité

1951 : l’accès au label, et au statut, de Vin Délimité de Qualité Supérieure (VDQS)

Emmené par le Syndicat alors dirigé par Abel Baudel et par le nouvel acteur qu’est la cave coopérative, le vin de Cahors reçoit son premier label de qualité, le VDQS en 1951. L’accès au label VDQS est la clé du succès, ou plus prosaïquement la condition de la survie pour une viticulture traditionnelle certes très consciente de son lustre passé, mais aussi très fragile.

Les vins labellisés VDQS ayant vocation, dans l’esprit des concepteurs du label, à passer en AOC, ce succès n’est considéré que comme une étape. Pour souligner ce statut quelque peu « intermédiaire » des VDQS, sorte d’antichambre de l’AOC, l’historien Gilbert Garrier a cette formule imagée : « Le purgatoire probatoire précède le paradis ».

À Cahors, l’étape durera deux décennies qui permettront un apprentissage progressif de la démarche collective de qualité. Deux modifications modifieront de manière substantielle les conditions de production chemin faisant : l’une en 1958 porte à 45 hl/ha le rendement maximum, l’autre en 1966 change l’encépagement (retrait des cépages blancs, de la dame noire, du valdiguié et du gamay du Lot, introduction du merlot, de l’abouriou, du tannat et de la syrah dans les 30% complémentaires de l’auxerrois).

1971 : L’obtention de l’Appellation d’origine contrôlée

Élu en 1967, le nouveau président du Syndicat de défense, Roger Baudel, succédant à son père Abel Baudel, n’a qu’un objectif : celui de faire progresser collectivement les vins de Cahors. Et le progrès en question est facile à envisager : passer du statut de VDQS à celui, plus prestigieux, d’AOC. Le conseil d’administration et l’assemblée générale le suivent.  Le 17 janvier 1970, le dossier est officiellement déposé auprès du comité régional Sud-Ouest de l’INAO.

La commission d’enquête commence son travail à Cahors, alternant visites de terrain et réunions, et rend en septembre 1970 un avis très favorable en insistant sur le caractère identitaire du malbec : « Le Malbec (ou Auxerrois ou Cot) fait à lui seul l’originalité du vin de Cahors. Le vignoble de Cahors est le seul vignoble au monde à base de Malbec comme cépage principal. Ce cépage n’est que le complémentaire partout ailleurs. C’est ici son meilleur terroir d’élection ».

Le 15 avril 1971 le décret de classement paraît. Cahors entre dans l’élite du vin français.

Géographie

Géographie & Climat

Le vignoble de Cahors jouit d’une combinaison d’influences climatiques propices à la viticulture. Il se trouve, à vol d’oiseau, à égale distance de l’océan Atlantique, la mer Méditerranée et des Pyrénées. L‘influence océanique tempérante y est encore présente avec une pluviométrie bien répartie et un ensoleillement important pour la maturité du raisin. Cette situation géographique favorable le tient à l’écart à la fois de l’humidité atlantique et des précipitations méditerranéennes d’automne. Le vignoble bénéficie ainsi d’arrières saisons ensoleillées qui permettent un affinement de la maturité des vendanges sans pluie excessive.

L’influence du Massif Central imprime également au Quercy une part de climat montagnard. Ce climat sain en hiver pour la vigne offre la plupart du temps des froids assez modérés. Mais des froids exceptionnels restent possibles.

Environnement

Engagement environnemental

Le vignoble de Cahors est incontestablement un exemple de réussite d’intégration de la vigne dans son environnement naturel. C’est au milieu des collines boisées, prairies et arbustes que les grappes de Cahors mûrissent tranquillement au soleil. Très loin des champs de vignes en monoculture que l’on trouve encore dans certaines zones de production intensive ; la biodiversité dans les paysages viticoles lotois a toute sa place.

Avec trois quarts des vignerons engagés dans une démarche environnementale, dont 31% des vignerons en Agriculture Biologique ou en conversion, l’appellation Cahors a pris collectivement le virage d’une production raisonnée, qualitative et durable.

Terroirs

Géologie des Terroirs

Le vignoble de Cahors est implanté sur deux grands types de terroirs : un ensemble calcaire les Causses où s’encaisse la vallée du Lot d’Est en Ouest.

Une telle richesse de terroirs ne se rencontre pas dans tous les vignobles et contribue indéniablement à la singularité de l’appellation Cahors. C’est ainsi qu’avec le même cépage Malbec, on obtient des profils de vins différents selon le terroir d’origine des vignes.  Les vins de Cahors n’ont donc pas fini de vous surprendre !

La Vallée du Lot :
les terroirs alluviaux

C’est une vallée alluviale large, à terrasses étagées avec de nombreux méandres que le Lot n’a cessé de modeler durant le Quaternaire. Ces terrasses sont constituées de sous-sols calcaires enrichis d’alluvions plus ou moins anciennes laissées par la rivière et ses affluents.

Les sols sont relativement profonds, sablo-limoneux en bordure du Lot et argileux et caillouteux aux pieds des versants calcaires.

Depuis le Lot jusqu’aux versants, on rencontre une plaine inondable sur laquelle il n’y a pas de vigne, une première terrasse : Terrasse du Würm avec des alluvions récentes du Lot (-20 000 ans), une deuxième terrasse : Terrasse de Riss avec des alluvions anciennes du Lot (-200 000 ans), et une troisième terrasse : Terrasse de Mindel avec des alluvions très anciennes du Lot (-500 000 ans).

En plus de ces trois terrasses, on pourra rencontrer très localement des résurgences de Quaternaire ancien avec des alluvions très anciennes du Lot (datées à + de 1 Million d’années) ; et des grèzes qui sont des cônes d’éboulis calcaire au pied des versants.

Cette famille de 5 terroirs héberge environ 60% du vignoble AOC Cahors.

Les Causses :
les terroirs calcaires

A plus de 250 mètres d’altitude se trouvent les versants et plateaux calcaire du secondaire et du tertiaire, composés de pierrailles enrobées d’argile plus ou moins mêlées de marne.

On distinguera les versants et plateaux de calcaire du Jurassique (- 150 millions d’années), du plateau marneux-calcaire lacustre de l’Oligocène-Miocène (-30 à -5 millions d’années). Dans le premier cas, les sols sont de type argilo-calcaire, peu épais et caillouteux. C’est la fissuration de la roche mère qui permettra à la vigne de s’enraciner plus ou moins profondément. Dans le second cas, les sols sont de type argileux, plus ou moins profonds, gris-blancs, issus de marnes calcaires. En plus de ces plateaux, on rencontre aussi très localement un plateau rouge dit Sidérolithique composé d’altérite ferrugineuse de l’Eocène (-45 millions d’années).

Cette famille de 4 terroirs abrite environ 40% du vignoble.